Les champignons sont adaptogènes

L’expérience clinique démontre que les champignons médicinaux ont un mode d’action très complexe et varié. Dans le domaine du système nerveux ils n’ont pas seulement un effet stimulant mais aussi, dans les mêmes mesures, un effet calmant. On a aussi pu voir que les mêmes champignons, d’un côté, stimulent le système immunitaire comme dans le cas des allergies ou maladies auto-immunes, et de l’autre côté ils peuvent le compenser. Dans la pratique il ressort très clairement que les champignons ont un effet régulateur sur nos systèmes vitaux et qu’ils sont de ce fait classés parmi les adaptogènes. De plus en plus d’études scientifiques confirment cet effet curatif fascinant.

La définition d’adaptogène

Le scientifique russe Dr Nikolai Lazarev définit en 1947 un adaptogène de la manière suivante : il s’agit d’une substance permettant au corps de lutter contre divers facteurs de stress qu’ils soient physiques, chimiques ou biologiques grâce au développement d’une résistance non spécifique. Cela permet alors à l’organisme de s’adapter aux circonstances auxquelles il est exposé à un stress particulièrement important.

Israel I. Brekhman et le Docteur I. V. Dardymov décrivaient en 1968 les adaptogènes de manière encore plus précise:

1. Les adaptogènes provoquent une réponse non spécifique de l’organisme au stress ; le corps reçoit la force de résister ou s’adapter. Une réserve en force adaptogène est créée ; cette dernière sera utilisée en cas de situation de stress aiguë. Au contraire des stimulants, l’énergie vitale des cellules n’en sera pas réduite.

2. Les adaptogènes ont un effet normalisant sur le corps, indépendamment de la direction dans laquelle a été l’écart par rapport à sa norme physiologique. Ils favorisent l’intelligence cellulaire renforcent en cas de sous-fonciton (hypo) et atténuent les sur-fonctions (hyper).

Les adaptogènes agissent sur le système de régulation du corps tels que l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (système HHS), le système sympatho adrénergique (le sympathique et la moelle surrénale) ainsi que le système immunitaire. Ils agissent de manière secondaire sur le foie, le cycle cardiaque, le pancréas et les reins

Substances ayant des effets adaptogènes

Les adaptogènes sont la plupart du temps des champignons et plantes qui se sont adaptés à des conditions environnementales extrêmes comme par exemple le froid, l’altitude, le manque d’oxygène, un fort rayonnement solaire ou la sécheresse. Ils sont aussi bien souvent des racines qui contiennent toute l’énergie concentrée et la densité de nutriments d’une croissance sur des années avant d’atteindre maturité.

Si on regarde par exemple les références concernant le cordyceps, il devient alors clair pour quelle raison il a un fort effet adaptogène. Il pousse dans les hautes altitudes himalayennes avec très peu d’oxygène, sous des températures extrêmes et un fort ensoleillement. Les autres champignons médicinaux eux aussi contiennent les composants typiques des adaptogènes tels que les polysaccharides et les triterpènes.

Composants biochimiques contenus dans les adaptogènes

Composants ayant des propriétés adaptogènes:

1. Les polyphénols (flavonoïdes)

2. Les terpènes: le plus grand groupe de composés phytochimiques secondaires qui permet aux plantes de pousser dans leur environnement. Appartiennent aux sous-groupes, les triterpènes et saponines. Triterpènes et saponines ont un effet similaire aux glucocorticoïdes. Ils sont anti-inflammatoires, protègent le foie, régulent le système immunitaire et renforcent les surrénales.

3. Les polysaccharides (en particulier les ß-glycanes): les plantes à haute teneur en polysaccharides régulent le système immunitaire, augmentent l’énergie vitale et tonifient le Qi (distributeur d’énergie).

D’autres composants ont également une influence sur l’effet des plantes ou des champignons par l’amélioration de l’absorption, la diminution de la toxicité ou la prévention contre les effets secondaires.

Les réactions du corps au stress

Le stress n’est pas uniquement lié à des événements difficiles ou désagréables, il peut aussi apparaître dans des conditions positives. Le facteur décisif est le type de réaction de notre corps au changement environnemental et une perturbation possible de l’homéostasie en résultant.

Seul le stress chronique affecte notre corps et notre esprit. Ces effets peuvent persister même après avoir passé ce moment ayant produit le stress. Le type, la force et l’effet des facteurs de stress sont très différents d’une personne à l’autre. Comme possible facteur de stress on compte, les virus, les bactéries, les substances chimiques, le bruit, des conditions climatiques extrêmes, les allergènes, les radiations, les ondes électromagnétiques, les opérations chirurgicales, les grossesses, les accouchements les traumatismes, les maladies graves, les intoxications et les émotions fortes.

L’hypothalamus est nôtre unité de contrôle centrale, et il est responsable de l’homéostasie. Il existe deux possibilités de réponse à un facteur de stress : par le chemin neuronal ou l’endocrinien.

Les deux mènent à la libération d’hormones de stress et ainsi la réponse corporelle au stress est déclenchée. Après un événement stressant l’hypothalamus est immédiatement activé.

La réponse au stress s’opère par deux voies physiologiques différentes:

1. Le système HHS (hypothalamus-hypophyse-surrénales): C’est le chemin endocrinien. La libération de CRH (hormone de libération de la corticotrophine) dans l’hypothalamus est déclenchée. Ceci provoque la sécrétion d’ACTH (hormone adreno-corticotrope), qui à son tour amène les surrénales à produire des glucocorticoïdes et du cortisol. Ce processus permet de mobiliser de l’énergie.

2. SAS (système sympatho adrénergique): c’est le chemin neural encore appelé la réponse « fight-or-flight ». L’hypothalamus ici stimule également les surrénales à travers le nerf sympathique afin de former des catécholamines (adrénaline, noradrénaline).

L’hypothalamus et l’hypophyse sont les interfaces entre système nerveux et système endocrinien.

Le cortisol est l’hormone de stress mobilisant l’énergie. Le corps nécessite de l’énergie pour fuir ou bien combattre. Cela signifie qu’il a besoin d’énergie afin d’être en mesure de réagir au facteur de stress. Le cortisol permet la libération d’acides aminés issus de protéines musculaires. Ces acides aminés sont utilisés dans le foie pour synthétiser le glucose (glucogénèse).

La consommation de glucose dans les autres tissus est abaissée et la musculature utilise les acides gras de sorte que le cerveau soit suffisamment approvisionné en glucose. Le cortisol régule la pression sanguine, les fonctions cardiovasculaires et le système immunitaire.

Trop de cortisol conduirait à un affaiblissement du système immunitaire, mais aussi de l’anxiété, des insomnies, de l’hypertension, une résistance à l’insuline, de l’obésité, de l’ostéoporose, un déséquilibre des hormones sexuelles, des ovaires polykystiques. Pas assez de cortisol pourrait conduire à des états dépressifs, des insomnies, de la fibromyalgie, de l’hypotension artérielle, CFS, la stérilité, l’impotence (chez les hommes) et au syndrome prémenstruel (SPM).

L’adrénaline prépare le corps aux efforts physiques: elle stimule le cœur, augmente la pression sanguine, constrit les petits vaisseaux sanguins, améliore la circulation sanguine vers les muscles et le cerveau et libère des sucres de réserve du foie.

La noradrénaline augmente la pression sanguine, maintient la circulation sanguine et transmet l’influx nerveux vers les systèmes nerveux autonomes (sympathique et parasympathique). De cette manière, le corps est en mesure de se battre, ou de fuir, en fonction des conditions environnementales ou de stress auxquelles il faille réagir.

La DHA (déhydroépiandrostérone) est produite par le cortex de la glande surrénale et est un antagoniste du cortisol. Il empêche la liaison au cortisol. Cortisol et DHA sont de bons marqueurs de l’activité de l’axe HPA.

Le corps sous pression ou stress a besoin de plus d’énergie et peut être porté à l’épuisement.

Un nombre supérieur de radicaux libres est également produit à cette occasion. Ils détruisent les mitochondries et donc l’équilibre énergétique des cellules. n.

On différencie une phase d’alerte, de résistance et d’épuisement. Dans les premières minutes ou heure après avoir reçu le stimulus de stress, la phase d’alerte débute : les systèmes SAS et le HPA sont activés, afin de fournir à l’organisme toute l’énergie nécessaire pour fonctionner à haute puissance. Il s‘agit d’une sur activation. Ensuite arrive la phase de résistance pendant laquelle le corps s’adapte au stress continu. Une contre régulation du parasympathique baisse la suractivité su système, bien qu’elle soit encore supérieure à la norme saine. Pendant cette phase, on voit souvent apparaître des troubles psychosomatiques comme l’asthme, l’hypertension artérielle et ulcères. Au cours de la phase d’épuisement, le corps n’a plus assez d’énergie pour continuer l’adaptation, et donc il se fatigue et les systèmes de l’organisme se déséquilibrent. Ceci mène très souvent à une sensibilité bien plus élevée aux infections, à des dépressions, anxiétés et vieillissement précoce. Tous les systèmes organiques peuvent en fait être touchés vu qu’ils sont tous sous le contrôle du système neuroendocrinien.

L’effet des adaptogènes

La régulation d’un système déséquilibré se produit grâce à l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (système HHS) et le système sympatho-adrénergique (sympathique et moelle surrénale).

Les adaptogènes soutiennent le système neuroendocrinien complet, et ils renforcent tout particulièrement la corticosurrénale. De cette manière ils neutralisent les effets néfastes provoqués par le stress ; la libération des hormones du stress se régule. Ils permettent à notre corps d’adopter une réaction adaptée à des conditions environnementales transformées et ils minimisent les dommages causés par une longue réaction au stress. Le système HHS se stabilise. Les adaptogènes aident à retarder ou éviter la phase d’épuisement.

Les adaptogènes aident à maintenir l’homéostasie dans des situations de stress chroniques et aussi à maintenir les forces d’adaptation. Ceci comprend également le biorythme physiologique (rythme circadien), la température normale du corps et la production de cortisol.

Les adaptogènes agissent de façon prophylactique, en ce qu’ils augmentent la résistance non spécifique du corps face à divers facteurs de stress.

Ils sont aussi anabolisants. Ils protègent les réserves d’énergie et ont ainsi un effet tonifiant. C’est très important pour les sportifs et les personnes âgées. Ils sont également fortement antioxydants ralentissant alors le processus de vieillissement.

Les adaptogènes agissent au niveau des cellules, ils stimulent les mitochondries à produire de l’énergie (ATP). L’ATP est importante pour la puissance physique et la force.

De même, ils améliorent le fonctionnement du foie. Le foie met du glucose à disposition afin de gagner en énergie, en plus d’éliminer les toxines. En outre, les adaptogènes régulent le système immunitaire.

Les interactions entre émotions, système nerveux et système immunitaire font l’objet d’études dans le domaine de la psycho-neuro-immunologie. Les adaptogènes agissent autant sur le corps que l’esprit à travers la régulation du système neuroendocrinien. L’axe HPA est affecté et régule ainsi l’ensemble du système du corps.

Les avantages de l’utilisation d’adaptogènes comme le reishi et le cordyceps

• En cas d’insuffisance rénale due à un stress chronique.

• Effet anti-âge par l’arrêt du processus, des facteurs de vieillissement physiologique: le stress, les radicaux libres,  l’excès de cortisol, le manque en DHEA et les processus infectieux sont contrecarrés.

• Contre les peurs et dépressions, ils améliorent l’humeur, réduisent le stress et tonifient les nerfs.

• En cas d’arthrite, ils régulent le système immunitaire et présentent des propriétés anti-inflammatoires.

• Pour le sport de compétition: phases de régénération plus courtes, meilleure endurance, fréquence du pouls  améliorée, bonification de la respiration et de la circulation.

• Amélioration de la mémoire vu que des niveaux élevés de cortisol entraine la mort des cellules nerveuses ;  régulation du niveau de neurotransmetteurs.

• Renforcement des voies respiratoires.

• En cas de cancer: antioxydant, contre le stress, régulation du système immunitaire, réduction des effets  secondaires de la chimiothérapie et des radiations.

• Renfort et protection cardiovasculaire : régulation de la pression artérielle et du cholestérol, contre l’arythmie,  renforce le muscle cardiaque.

• En cas d’épuisement: nous avons besoin de plus d’énergie en cas de stress.

• Régulant le système immunitaire: de petites quantités de cortisol stimulent la réponse immunitaire, de grandes  quantités les répriment.

• Renfort et protection du foie.

• Pour la santé mentale et émotionnelle: clame l’esprit, éclaircit l’humeur

• Régulation des hormones sexuelles: testostérone, progestérone, œstrogènes en interaction avec l’axe HPA.

• En cas de troubles du sommeil: la sécrétion circadienne de cortisol est perturbée par le stress, le cortisol aide à  synchroniser toutes les activités liées aux habitudes alimentaires et de sommeil.

• En cas de troubles de la digestion: les hormones liées au stress peuvent en être la cause étant donné qu’elles  retardent la digestion et influent sur la flore intestinale.

• Contre le surpoids: le stress pousse souvent à manger de trop et un taux trop élevé de cortisol conduit à des    dépôts de graisse, en particulier au niveau du ventre.

Source

• Winston, D., Maimes, S. - Adaptogens – Herbs for Strength, Stamina and Stress Relief ; Healing Arts Press,            Rochester, Vermont, 2007